NESSI

Après 5 ans et demi à découvrir les joies de la vie, ma petite puce nous a quittés le 02 janvier 2022.

Nessi est entrée dans ma vie un vendredi soir, en juin 2016.

Hasard ou destinée, nul ne le sait.

Voici notre rencontre

Donc, un soir de juin 2016, je décide d’aller faire un tour dans un terrain en friche derrière chez moi, pourtant, je n’y vais jamais. Je lâche mon chien, Milor, golden retriever, qui, direct, court et se jette sur un animal. J’ai tout d’abord cru que c’était un chat, je me précipite et l’attrape pour qu’il s’éloigne… Et là, je vois partir en courant un « truc » étrange. Ce n’est pas un chat, mais je n’ai pas le temps de l’identifier.

Je vais donc rentrer Milor et mener mon enquête.

Connaissant un peu le terrain, je vais voir dans la cabane abandonnée au fond. Et là, je vois un œil brillant, qui me fixe dans la pénombre. Je devine que c’est un chien, mais ce n’est pas évident.

Doucement, je referme la porte et je vais chercher un collier, une laisse et une boite de transport.

Lorsque je reviens, j’ouvre la porte, l’animal ne bouge pas, je m’approche délicatement en lui parlant doucement, lui mets le collier et attache la laisse. Une odeur pestilentielle complique les choses, l’animal refuse de venir. Je l’attrape et le mets dans la boite de transport.

De retour chez moi, je m’installe dans mon sous-sol pour évaluer la situation.

Et là, je découvre, un chien dans un état catastrophique, le poil englué dans de la boue, mélangé à différents déchets végétaux. Dégageant une odeur peu supportable.

Il a fallu 4 heures de patience pour le libérer, entrecoupées d’un bon repas et de pauses ; je n’arrivais pas à passer les ciseaux entre sa peau et les poils durs comme du carton. Il n’a pas bougé, aucune agressivité.

Une fois présentable, je vois que c’est une femelle, qu’elle n’a qu’un œil, qu’il lui manque des dents et qu’elle a des plaies que je désinfecte.

Un bon bain, une coupe de finition, un bon repas englouti en moins de deux et je l’installe confortablement au sous-sol.

En y réfléchissant, je me rends compte qu’elle doit être livrée à elle-même depuis au moins trois mois, date à laquelle j’avais commencé à trouver des crottes autour de ma voiture qui est garée à l’entrée de ce terrain fermé.

J’avais remarqué un tatouage que j’ai soigneusement noté.

Le lendemain, je téléphone à mon vétérinaire pour lui en parler et lui demander s’il la connait, ce qui n’est pas le cas. Je lui donne le numéro de tatouage, il me dit que ça ne répond pas au numéro de téléphone indiqué, mais qu’on ne peut pas me donner les coordonnées, qu’on me rappellera.

Je téléphone aux autres vétérinaires de la ville et ceux environnant, à la police municipale. Personne ne la connaît ni n’a reçu d’information sur un chien perdu correspondant à sa description. Je fais une déclaration sur le site de l’i-cad, j’apprends qu’elle s’appelle Inès et qu’elle a 8 ans.

Je finis enfin par avoir des informations par la fourrière qui me donne les coordonnées du propriétaire, et là, surprise, elle est au nom d’un refuge en Seine et Marne.

L’après-midi, je réussis enfin à les joindre, ils me disent qu’elle a été adoptée un an auparavant par des voisins dans la rue derrière chez moi.

Lorsque j’explique à la bénévole dans quel état je l’ai trouvée, elle me dit que le refuge va la reprendre. Comme j’habite loin, elle me propose de venir la récupérer à mon domicile, mais pas avant plusieurs jours. J’accepte de la garder en attendant.

Je l’ai donc soignée et nourrie tout en essayant de ne pas m’attacher à elle.

Elle était calme, gentille, contente que je m’occupe d’elle, bien que facilement effrayée.

Le jour J, je devais être au travail lorsque le bénévole viendrait la chercher, mais je ne faisais qu’y penser. La pauvre, après toutes ces péripéties, c’était vraiment dommage qu’elle retourne au refuge.

Ma collègue m’a demandé de changer d’horaire au dernier moment, j’étais donc libre sur ce créneau, et j’ai décidé de l’emmener moi-même. Hasard ou destinée ? J’ai prévenu le refuge et nous sommes parties toutes les deux pour une longue route. J’avais préparé un document récapitulant les événements.

Plus je roulais, plus je me disais que je ne pouvais pas la laisser là-bas. Donc en arrivant, j’ai expliqué la situation et j’ai demandé à l’adopter.

Ce fut accepté après l’accord du responsable et nous sommes reparties ensemble. J’en avais appris un peu plus sur son histoire qui était bien triste et qui reflétait la cruauté de certains humains.

Elle avait été saisie, par la justice, un peu plus d’un an avant, dans un élevage clandestin, dans lequel elle vivait dans des conditions insalubres, à faire des petits à la chaîne, sans voir la lumière du jour.

Après avoir été soignée et stérilisée, elle fut adoptée par une famille lors d’une porte ouverte. Les fameux voisins. Les bénévoles du refuge m’ont expliqué qu’ils ne faisaient changer la déclaration à l’i-cad que si les adoptants donnaient des nouvelles régulières et comme ce n’était pas le cas, elle était toujours identifiée au nom du refuge et qu’elle ne leur serait pas rendue vu les circonstances.

Nous sommes rentrées à la maison.

Et là, une nouvelle vie a commencé pour elle.

Une fois les présentations faites avec le reste de ma tribu, elle a découvert son nouvel environnement et les autres membres de la famille.

C’est à ce moment que je me suis rendue compte qu’elle n’avait pas peur des autres animaux, mais de tout le reste, les humains, les bruits, les mouvements brusques, tout, tout, tout l’effrayait et elle s’enfuyait en courant à chaque frayeur. Elle en a passé du temps à cavaler.

J’ai eu la grande chance qu’elle s’attache à moi dès les premières minutes et qu’elle me voue, une adoration sans bornes.

Tout a nécessité beaucoup de patience, elle ne connaissait rien de la vie, elle faisait ses besoins partout, six mois d’apprentissage ont été nécessaires pour qu’elle comprenne qu’il fallait les faire dehors. Et que je puisse marcher derrière elle dans la rue.

Plus d’un an pour qu’elle n’ait plus peur des autres membres de ma famille.

À ce jour, elle est encore effrayée dans la rue par les personnes que l’on croise, les voitures, les bruits forts.

Mais à la maison, elle est beaucoup plus à l’aise et aboie même pour réclamer sa gamelle.

Des cachets calmant à base de plantes l’aident beaucoup à se détendre.

Un jour, en se promenant dans la rue, nous avons croisé son ancienne adoptante, elle l’a reconnue et m’a racontée qu’effectivement, elle l’avait adoptée lors d’une porte ouverte et que le retour à la maison avait été très compliqué. Elle avait peur d’elle et des membres de sa famille, refusait qu’ils s’approchent et d’être touchée, qu’elle faisait ses besoins partout. Un jour, elle s’était sauvée par un trou dans le grillage au fond du jardin. Cette personne m’a affirmé avoir bien donné des nouvelles aux refuges, mais n’avoir jamais eu de réponse. Elle m’a également dit l’avoir cherchée depuis sa disparition. Pourtant, je n’ai jamais vu d’affiche et les personnes que j’avais contactées n’avaient pas reçu de signalement et ne la connaissaient pas, le refuge n’était pas informé. C’est avec un grand soulagement pour moi, qu’elle n’a pas essayé de la récupérer et m’a dit qu’elle était contente que ça se passe bien avec moi.

Durant toute la conversation, Nessi se cachait derrière mes jambes, terrorisée.

AUJOURD’HUI (2021)

Elle a eu beaucoup de mal à la mort de son copain, Milor, en juin 2020. Toutes ses angoisses sont revenues et il a fallu un bon moment pour qu’elle se calme. Depuis quelques mois, elle va mieux et découvre de nouvelles habitudes, comme faire la sieste sur mes genoux.

Son arthrose l’oblige à finir les balades en poussette et à aller faire du laser, chez le vétérinaire, une fois par mois.

Mais, pour l’instant, ça va…

Isabelle L

Cette chienne a vécu les trois quart de sa vie à faire des petits à la chaine, à être maltraitée et battue (œil et dents en moins, peur du balai et des humains…), sans voir autre chose que les quatre murs d’une pièce insalubre. Il est fort probable qu’elle n’ait jamais vue la lumière du jour, n’ait jamais été sortie et elle devait vivre dans ses excréments (qu’elle mangeait) et être considérée comme une machine à profit par des personnes sans scrupules.

Notre action dans ce type de situation :
Sensibiliser à la maltraitance et expliquer comment l’identifier et alerter.

Elle a été saisie par la justice, s’est retrouvée enfermée dans un box au refuge, avec des inconnus, d’autres chiens, manipulée comme surement, elle ne l’a jamais été. Vu ce que j’ai constaté de son comportement lorsqu’elle avait peur, sans possibilité de s’enfuir, elle a dû rester prostrée, calme dans un coin, sans montrer de signes de rébellion. Son mal-être et ses traumatismes, ont pu passer inaperçus, malgré l’attention des bénévoles.

Ces derniers, étant surement submergés, n’ont probablement pas pu analyser correctement ses besoins et ses difficultés, ni pour les mêmes raisons, assurer un suivi.

Les portes ouvertes, bien qu’elles apportent plus d’adoptions, ne permettent, parfois pas, de prendre le temps suffisant pour sélectionner les bons profils d’adoptant.

Notre action dans ce type de situation:
Expliquer les différentes possibilités d’adoption, les précautions à prendre, les axes de réflexions…

Elle a donc été confiée à des personnes inexpérimentées, n’ayant pas les capacités d’assurer un accompagnement adapté. Elles n’ont pas réussi à créer une relation lui permettant de s’apaiser et d’évoluer. De plus, au vu de notre conversation, leurs motivations ne semblaient pas suffisantes pour surmonter ces problèmes et mener des recherches efficaces pour la retrouver et/ou peut-être ne savaient-elles pas comment procéder.

Notre action dans ce type de situation :
Proposer un bilan de la situation, des conseils et un accompagnement pour tenter d’améliorer les troubles du comportement du chien ou du chat.

Son vécu a entrainé de nombreux traumatismes, qui n’ont pu être surmontés qu’avec beaucoup de patience, de temps et de bienveillance. En l’acceptant telle qu’elle était.